Annuaire de la ville de metz et de son agglomération

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Cathédrale Saint-Étienne de Metz

L'édifice actuel est le résultat de six périodes d'édifications.

Le sanctuaire de Saint-Etienne (Ve-Xe s.)
Vieille cité gauloise, Metz devint le siège d'un évêché au IIIe siècle. Comme nous l'apprend un passage de l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours (lib. II, c. 6), un sanctuaire dédié à saint Étienne (Oratorium beati Stephani) - qui se trouvait à l'emplacement actuel de la cathédrale, fut le seul monument épargné par les Huns lors du sac de la cité le Samedi Saint 7 avril 451.
L'essor du culte du premier martyr saint Etienne en Occident suivit l'invention des reliques du saint à Jérusalem (415). Plusieurs autres cathédrales françaises lui sont dédiées (Agen, Auxerre, Besançon, Bourges, Cahors, Châlons-en-Chamapagne, Limoges, Meaux, Sens, Toul, Toulouse) et remontent pour la plupart au Ve siècle. On peut donc supposer que le sanctuaire de saint Etienne était relativement récent lors du sac de Metz par Attila.
Vers 784, Paul Diacre, moine bénédictin de Lombardie qui séjourna à la cour de Charlemagne et à Metz, écrivit une Histoire des Evêques de Metz selon laquelle Pépin le Bref aida financièrement l'évêque saint Chrodegang (742-766) à réaliser des travaux dans le sanctuaire (ciborium, chancel, presbytérium, déambulatoire).

La basilique romane (XIe-XIIIe s.)
Entre 965 et 984, l'évêque Thierry Ier entreprit de reconstruire le sanctuaire primitif avec l'aide financière des empereurs Othon Ier et Othon II. La nouvelle basilique fut achevée sous son successeur Thierry II et consacrée en 1040.
La reconstruction de la basilique romane débuta moins de deux siècles après son achèvement.

La cathédrale gothique (XIIIe-XVIe)
Aux alentours de l'année 1220, selon la volonté de l'évêque Conrad de Scharfeneck l'édification de la cathédrale, dédiée à saint Étienne, est entreprise. La construction s'étalera sur trois siècles pour s'achever vers 1520.
Elle est bénie le 11 avril 1552.

Le portail néoclassique de Blondel (1764)
La cathédrale ne subit aucun changement notable jusqu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Soucieux de ne pas demeurer en reste par rapport à Nancy qui venait de se doter de la place Stanislas, sans doute aussi parce que l'art « gothique » était déprécié et associé à tort à l'Allemagne toute proche, le maréchal de Belle-Isle, gouverneur des Trois-Evêchés, décida d'établir une place royale. Malgré les protestations du chapitre, il fit dégager les abords de la cathédrale par la destruction du cloître et des églises attenantes (Saint-Pierre-le-Vieux, Saint-Pierre-le-Majeur, la chapelle des Lorrains).
Les édiles de la ville font appel à l'architecte Jacques-François Blondel pour doter la ville d'un centre urbain « à la mode ».
Entrepris en 1762, l'aménagement de la Place d'Armes, de la place de Chambre et de la place du marché dégage le tissu urbain médiéval sur trois côtés autour de la cathédrale. L'édification de la mairie, côté place d'Armes, et du palais des évêques de Metz (aujourd'hui, le marché couvert), côté place du marché et place de Chambre contribue à constituer un ensemble architectural dominé par l'œuvre des maitres-maçons du Moyen Âge. À cette occasion, et dans un souci d'harmonisation de cet ensemble urbain, Blondel construit sur les trois côtés de la cathédrale ainsi dégagée, une enveloppe classicisante et en particulier, un imposant portail principal (côté place du marché).

Une refonte néogothique… allemande
Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, la Moselle ainsi que l'Alsace étant devenues partie intégrantes de l’Empire allemand avec statut de « territoire d’Empire », il n'est pas interdit de penser que des arrières-pensées politiques ne sont pas non plus absentes de la refonte néogothique des pourtours de la cathédrale. Il est vrai aussi que la mode est alors au médiévisme comme on le voit, à la même époque, au Château du Haut-Kœnigsbourg « restauré » si ce n'est reconstruit pour l'Empereur allemand ou à Karlštejn réhabilité pour l'Empereur d'Autriche.

Les ajouts de Blondel dont l'apparence nuisait vraisemblablement à l'harmonie de l'ensemble, sont détruits en 1898, et remplacé, sous les ordres des fonctionnaires prussiens, par un porche de néogothique de Tornow. Les sculptures, sur le tympan du portique, représentent le Jugement dernier.
La cathédrale Saint-Étienne de Metz, dans le département français de la Moselle, est l'église principale du diocèse de Metz. Elle est la cathédrale de France possédant la plus grande surface de vitraux (près de 6500 mètres carrés) et présente les plus grandes verrières gothiques d'Europe. Avec 41 mètres sous voûte, sa nef est la troisième plus haute de France.

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